Immensité

Entendre du merveilleux Mystère
l’écho bleu, musical, infini,

deviner dans nos cœurs, îles dans l’océan,
l’immensité de la Mer

ressentir la proximité scintillante
des étoiles du ciel et des étoiles du cœur

et nous savoir, héritiers de l’Amour,
enfants aimés, enfants aimants,

à qui fut donnée dès l’Aube du monde
l’éternité pour apprendre.

Bleu sombre

Sans que nul ne la voie
comme rêve, toute la nuit
une pluie de silence est tombée,

mais les enfants endormis n’ont pas vu
luire la pleine Lune fidèle
fleurir le grand jardin d’étoiles

et frémir au point du jour bleu sombre
les mots nus d’un poème d’amour
qui ne sera jamais écrit.

Soleil levant

fleurs de silence, ciels d’absences
tous les chemins ne mènent à demain

sombres nuages, triste décembre
si tu me blesses encore je pourrais en mourir

donne-moi donc trois crayons de couleur
du papier de lumière, une raison d’y croire

je voudrais bien écrire comme un enfant
ignorant tout du désespoir et de la mort

soleil levant, Amour soleil,
écrire l’aurore en lettres d’or

Désir

Le colchique tout blanc, le nuage au-dessus
et la terre écoutant si la pluie va venir

et le saule nu au bord du fleuve Hiver
et l’abeille luthière, et le brin de bruyère,

sève du hêtre, frémissements des fougères
constante volonté des jacinthes sauvages,

la lumière attirée par le sable très noir
d’une plage au bord de l’ardent Océan

et le lent tournoiement des étoiles
et le vol de leur sœurs les lucioles,

divins baisers dans le souffle du vent,
envie de Vie, en Tout,

cet écho permanent de l’Amour
qui peut tout, même survivre à la mort.

Prière pour les aubépines

Je voudrais faire une prière
une prière qui ne demande rien
la prière buissonnière
d’un écolier poète.

Je la ferais debout
dans un jardin de merveilles
au soir quand au ciel
bleus et roses se mélangent,

et à la brise, aux aubépines,
aux abeilles, au soleil, aux cerises,
aux cailloux, aux étoiles,
je dirais simplement

merci.