Le jardin des orangers

Une allée comme un conte
qui menait vers Jamais
et la fragrance orange
des soirs si longs de juin.

Des potées d’où tombait
en cascade bleu tendre
des fleurs de mots
et peut-être, du bonheur.

Il était une fois
dans un monde voisin
abrité des regards, un jardin
que personne n’appelait

le jardin des orangers.

illustration : orangers sur la route de Séville (Joaquín Sorolla, 1903)

Traces

Quelque mots lilas,
silences qui traînent,
une tendre lumière,
reflets sur la Seine,

de nos mois de mai
de septembre aussi,
c’est je crois
ce qu’il restera.

Pas de bruyère,
deux noms sur la pierre,
outremer, le vent,
la mer toute seule

ou qui sait,
le grand bleu du ciel :
et de nous
que restera-t-il ?

illustration : Blue Sky (Sam Francis, 1960)

Respiration

inspiration
expiration
le vent est la respiration de la Terre

la mer, les continents,
forêts et vagues, nuages blancs,
partout, le souffle, puissant et long,

les arbres ont le coeur qui bat
les fleurs plus bas
ont des couleurs qui tremblent

et l’âme flotte, drapeau bleu transparent,
quand l’homme enfin devenu sage se tait
et respire avec Elle

L’Ange gardien

S’il ne vient pas quand tu l’appelles,
l’Ange gardien,
c’est qu’il est là depuis toujours,
sans auréole, sans ailes blanches.

Il ne te suit pas comme ton ombre
mais t’accompagne comme lumière.
Tu le connais bien,
tu l’as vu ce matin !

Dans ton cœur il réside,
par le cœur il te parle.
Ton amour, ton secours,
c’est toi, tu es ton ange !