Le jardin des orangers

Une allée comme un conte
qui menait vers Jamais
et la fragrance orange
des soirs si longs de juin.

Des potées d’où tombait
en cascade bleu tendre
des fleurs de mots
et peut-être, du bonheur.

Il était une fois
dans un monde voisin
abrité des regards, un jardin
que personne n’appelait

le jardin des orangers.

illustration : orangers sur la route de Séville (Joaquín Sorolla, 1903)

En chemin, le ciel

Nuits et nuages,
est-ce la vie ?
Une fleur, un mirage,
que reste-t-il de la pluie ?
Le temps, le monde,
Jardin, je rêve !
Mais en chemin, le ciel,
Pélerinage.

L’amour est tout
ce qu’il y a de réel.

illustration : Route avec un cyprès et une étoile (Vincent Van Gogh, 1890)

Pond of Stillness

Do water lilies really die?
How far can the eye see?
How much a shadow weigh?
Only the old willow knows.

Pond of stillness.
Mirror of vastness.
We are like water rings
short-lived little things,

forgotten wonders
fallen from the night sky,
gleams of a dream
in a child’s heart.

illustration : Water Lilies (Claude Monet, 1906)

Nuit noire

Emportés par le vent
les rêves bleus se noient
dans la lumière floue
qui rend la mer si belle

et rien ne reste des cris joyeux
des enfants sur la plage
que des éclats de verre plantés
dans les sables du coeur.

Jeux et soirs, tout passe,
et l’on ne voit plus rien
dans la nuit noire, si lourde
d’étoiles et de désillusions.