Soleil dans la brume

Tu me parlais dans l’ombre,
mais qui es-tu Marie ?
Tu verras me disais-tu,
pourtant je ne vois pas.

À moins que ça ne soit,
Soleil dans la brume,
de l’infini l’écume
de l’amour le souffle.

je respire.

Illustration : the boat (Odilon Redon, c1897)

Après les mots

Brillante étoile en toi, en tous,
petit enfant rêveur, elle te guide.
Mais surtout n’écris plus
quand tu t’approches du Silence.

Avant les mots l’Amour existait.
Après les mots, Il continue.
Et le poème tout blanc,
c’est un mystère si grand,

tout à la fin produira
dans les yeux de qui le lira,
lumineux, comme un éclat
merveilleux.

illustration : Calligraphy (Abdul Qader Al Raes)

Le jour qui naît

L’esprit petit, cette masure aux volets fermés
ne laissant passer que si peu d’amour et de clarté,
que peut-il savoir de la lumière ?

Et l’âme frêle, cet oiseau de papier
qui se déchire et brûle en s’approchant du Soleil,
que peut-elle espérer ?

Mais il nous reste le coeur qui n’a ni mots ni ailes
mais assez de profondeur pour se laisser combler
par la beauté du jour qui naît.

illustration : Dawn in the Hills (Robert Julian Onderdonk, 1922)