L’Ami du soir

Invisible et muet
l’Ami du soir et de l’oiseau
passe par les chemins,
s’arrête dans les jardins.

Sur la rose,
douce lumière,
et pour l’oiseau,
silence d’or.

Croire,
c’est le chercher.
Aimer,
c’est le trouver.

illustration : Pathway in Monet’s Garden at Giverny (Claude Monet, 1901-1902)

Les jardins de Fibonacci

le cœur isocèle
calculer l’intégrale
des courbes d’un rêve

ensembles pleins
ensembles vides
dans une nuit non euclidienne

ces fleurs qui tendent vers l’infini
et leurs nombres complexes
aux couleurs parallèles

et leurs parfums fractals
et la beauté sans suite
des jardins de Fibonacci

illustration : handmade with Canva

Le jardin des orangers

Une allée comme un conte
qui menait vers Jamais
et la fragrance orange
des soirs si longs de juin.

Des potées d’où tombait
en cascade bleu tendre
des fleurs de mots
et peut-être, du bonheur.

Il était une fois
dans un monde voisin
abrité des regards, un jardin
que personne n’appelait

le jardin des orangers.

illustration : orangers sur la route de Séville (Joaquín Sorolla, 1903)

Désir

Le colchique tout blanc, le nuage au-dessus
et la terre écoutant si la pluie va venir

et le saule nu au bord du fleuve Hiver
et l’abeille luthière, et le brin de bruyère,

sève du hêtre, frémissements des fougères
constante volonté des jacinthes sauvages,

la lumière attirée par le sable très noir
d’une plage au bord de l’ardent Océan

et le lent tournoiement des étoiles
et le vol de leur sœurs les lucioles,

divins baisers dans le souffle du vent,
envie de Vie, en Tout,

cet écho permanent de l’Amour
qui peut tout, même survivre à la mort.