Le Vent vivant

Le jour, le temps vacille,
la nuit, l’obscurité scintille,
et les courbes du monde
en l’infini se fondent.

Sur les chemins de pierre,
les étendues de lave,
partout sur l’île souffle
le Vent vivant.

De toute matière
de toute pensée
il dévoile l’illusion,

et de l’Esprit
il allume le feu,
fait jaillir la lumière.

Je suis.

Parents de la Terre

Il est temps d’aimer la Terre,

la rivière nous supplie
la mer est triste
et sous le poids de nos selfies
l’horizon plie, prêt de casser.

L’aimer
comme la mère prévenante
comme le père doux et confiant
aiment leur seul enfant,

il est temps d’aimer la Terre.

illustration : Wallpaperaccess

Lettre aux oiseaux, aux lacs et aux étoiles

Je vous écris ma lettre,
chers oiseaux des forêts
et des montagnes bleues,
vous qui chantez l’aube émeraude.

Je vous écris ma lettre,
chers lacs aux eaux limpides,
vagabonds immobiles
pleins de rêves immenses.

Je vous écris ma lettre,
chères étoiles du ciel,
silencieuses amies
de la Nuit et du bon Dieu.

À tous je vous écris ma lettre
pour vous dire que je suis heureux,
un jour, emporté par le vent,
de vous retrouver tous.

illustration : Daybreak, lake Geneva (Clarence Gagnon, 1913)

L’Ami du soir

Invisible et muet
l’Ami du soir et de l’oiseau
passe par les chemins,
s’arrête dans les jardins.

Sur la rose,
douce lumière,
et pour l’oiseau,
silence d’or.

Croire,
c’est le chercher.
Aimer,
c’est le trouver.

illustration : Pathway in Monet’s Garden at Giverny (Claude Monet, 1901-1902)

Les jardins de Fibonacci

le cœur isocèle
calculer l’intégrale
des courbes d’un rêve

ensembles pleins
ensembles vides
dans une nuit non euclidienne

ces fleurs qui tendent vers l’infini
et leurs nombres complexes
aux couleurs parallèles

et leurs parfums fractals
et la beauté sans suite
des jardins de Fibonacci

illustration : handmade with Canva

Le jardin des orangers

Une allée comme un conte
qui menait vers Jamais
et la fragrance orange
des soirs si longs de juin.

Des potées d’où tombait
en cascade bleu tendre
des fleurs de mots
et peut-être, du bonheur.

Il était une fois
dans un monde voisin
abrité des regards, un jardin
que personne n’appelait

le jardin des orangers.

illustration : orangers sur la route de Séville (Joaquín Sorolla, 1903)