C’est possible

Les fantômes qui se disaient je t’aime
se souviennent-ils enfin d’eux-mêmes ?
Et l’Amour brisé quand le jour s’est levé
dans le parc désert s’est-il relevé ?

Sur leur étoile étrange quelque part
dans les cieux, l’Ange et le Poète
s’enivrent-ils d’un délicieux mélange
de lumière et d’absinthe ?

Ont-ils écrit sur le papier de l’aube,
ensemble, le plus beau des poèmes ?
Fait-il enfin soleil
dans le cœur de Verlaine ?

C’est possible.

illustration : Verlaine (Gustave Courbet)

Le Poète

À Baudelaire

Je voudrais comme vous
jouer avec le vent
et parler au nuage,

être un oiseau de mer
trop grand pour la terre
méprisé par les hommes.

Répondant à l’appel
de l’étoile, de la vague,
enivré, comme vous,

de la fleur et de la pierre
je saurais le langage,
et l’écrirais sans mot.

Choisi par l’infini
couronné de lumière,
comme vous, le Poète !